3 minutes pour comprendre le système des retraites

1) La « répartition », qu’est-ce que c’est ?

 Notre système de retraites est un système dit par “répartition” : les cotisations des actifs d’aujourd’hui, sur leurs salaires, financent les retraites des actuels retraités. Ce fonctionnement repose sur une réalité économique : on ne peut consommer plus que la richesse produite dans le pays en une année (si l’on produit 100 baguettes, on aura beau avoir de l’argent sur un compte en banque, on ne pourra manger que 100 baguettes). Avec notre système de retraites par répartition on décide donc collectivement du partage de cette richesse (aussi appelée produit intérieur brut, ou PIB) entre actifs et retraités.

 Ce choix de solidarité intergénérationnelle s’oppose à des systèmes dits par capitalisation. Dans ces systèmes les cotisations sont accumulées dans les fonds de pension, à la manière d’une épargne individuelle, et restituées à chacun, au moment du départ, sous la forme de pensions de retraites. Le résultat de ces systèmes dépend donc, in fine du rendement (taux d’intérêt) de ces fonds de pension. Aux Etats-Unis, les pensions capitalisées ont perdu plus de 20 % de leur valeur (3 000 milliards de dollars) pendant la crise entre 2007 et 2008.

 2) Nos retraites, combien ça coûte ?

Cette question, première, de la répartition des richesses entre les générations, découle de l’objectif même de notre système de retraites : garantir à toute personne ayant passé l’âge de la retraite une pension digne, dont elle peut bénéficier avant d’être touchée par une incapacité ou une dégradation de son état de santé. En France en 2018, les retraites représentaient 13,8 % du produit intérieur brut (PIB, soit la richesse créée annuellement au sein du pays), alors que les + de 65 ans représentaient 20 % de la population. 

Les résultats de ces choix de répartition des richesses sont doubles : d’une part, notre système de retraites est équilibré budgétairement – le régime général de retraites est même à l’excédent depuis 2016. D’autre part, les retraités sont, en moyenne, bien protégés : leur retraite représentait, en 2018, en moyenne 61 % du salaire net moyen pour un niveau de vie équivalent à celui des actifs (les retraités ayant en moyenne plus de revenus du patrimoine et moins d’enfants à charge).

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3) Concrètement, comment sait-on à quel âge on peut partir et avec quel montant de retraite ?

En France, il est possible de partir en retraite à partir de 62 ans au régime général, depuis la réforme Sarkozy en 2010 : c’est ce qu’on appelle l’âge d’ « ouverture des droits ». Cela ne signifie pas pour autant que l’on pourra travailler jusqu’à cet âge : en 2018, seuls 50 % des personnes de 60 ans étaient encore en emploi, les autres étant, selon les cas, au chômage, en pré-retraite, en invalidité ou au RSA. Cela ne signifie pas non plus qu’à 62 ans chacun pourra bénéficier d’une pension suffisante pour vivre. L’ « âge effectif » de départ en retraite en 2018 était d’ailleurs de 62,8 ans en France, la plupart des personnes choisissant de partir un peu plus tard pour ne pas subir de décote.

Le montant de la pension est, lui, lié à deux principaux facteurs : il dépend, en premier lieu, du salaire que chacun a perçu pendant son activité (moyenne des 25 meilleures années pour les salariés du privé, 6 derniers mois, hors primes, dans la fonction publique). Il dépend ensuite de la durée cotisée. Cette durée a augmenté progressivement, de 37,5 ans en 1993 à 41,75 ans en 2019 : en cas de non atteinte de cette durée de cotisation, la pension est diminuée (décote). La retraite peut également augmenter si la durée est dépassée (surcote).

 4) Quels sont les enjeux pour notre système de retraite à l’avenir ?

 Notre système de retraites est aujourd’hui à l’équilibre et permet de garantir aux retraités, en moyenne tout au moins, un niveau de vie comparable à celui des actifs. Ce double résultat a été rendu possible par une augmentation progressive des cotisations sociales versées aux régimes de retraite depuis 50 ans, à mesure que les enfants du baby boom sont partis en retraite et que l’espérance de vie a progressé. Alors qu’elles représentaient, en 1960, 5 % du PIB, pour une proportion de + de 65 représentant 12 % de la population totale, elles s’élèvent, en 2018, à 14 % du PIB pour 20 % de + de 65 ans dans la population.

 Or les projections démographiques actuellement réalisées par l’INSEE montrent un vieillissement de la population, dû principalement à une augmentation de l’espérance de vie dans les années à venir. En 2050, les + de 65 seront 6 millions de plus qu’aujourd’hui et représenteront 26 % de la population.

 Si les cotisations retraites n’augmentent pas, une part croissante de la population se partagera une part – au mieux – stable de la richesse nationale. La conséquence est directe : le montant des pensions diminuera par rapport aux salaires, et le niveau de vie des retraités par rapport aux actifs décroîtra

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